Comment naissent les guerres : Chine contre Zunie

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How Wars Are Born: China versus the U.S.

Shamus Cooke

Ceux qui parmi nous affirment sans ambages que les guerres sont dues à des crispations sur des intérêts économiques corporatistes à l’étranger, ont reçu dernièrement un signe d’assentiment de la part d’une source antipathique par excellence, le New York Times.

Le New York Times, un journal dominé par le corporatif, a publié un article révélant comment marche vraiment la politique étrangère zunienne, et pourquoi. Le motif derrière sa sincérité, c’est que la politique étrangère de Chine est en train d’être attaquée. Mais l’article se dépêche de préciser que la politique chinoise est identique à celle de la Zunie : contrôler tout domaine ayant un « intérêt économique (pour les entreprises) » : matières premières, main-d’œuvre bon marché, voies de navigation, marchés, etc, grâce au renforcement militaire.

Gravement, l’article traite de comment l’expansion économique chinoise — et le renforcement militaire qui la protège — est entrée en conflit avec le militarisme zunien outre-mer. Par exemple :

Des responsables et des analystes racontent que, l’armée chinoise cherche à projeter sa puissance navale bien au-delà des côtes chinoises, depuis les ports pétroliers du Moyen-Orient, jusqu’aux couloirs de navigation de l’Océan Pacifique, où la marine de guerre zunienne règne depuis longtemps en maître.

Pourquoi la Chine se développe-t-elle militairement ?

« Les amiraux chinois disent que, afin d’escorter les navires commerciaux qui sont cruciaux pour l’économie du pays, ils veulent des navires de guerre, depuis des lieux aussi éloignées que le Golfe Persique jusqu’au Detroit de Malacca en Asie du Sud, et pour aider à sécuriser les intérêts chinois dans le Sud riche en ressources naturelles et l’Est des eaux chinoises. » (Les militaires chinois cherchent à étendre leur puissance navale, New York Times, 24 avril 2010).

Shen Dingli, un intellectuel chinois, a récemment plaidé en faveur de la création des premières bases militaires chinoises outre-mer (la Zunie possède 909 installations militaires en pays étrangers) :

« Avec l’expansion continue à l’étranger des entreprises chinoises, le gouvernement est plus responsable de la protection des intérêts d’outre-mer… de la garantie de la régularité du commerce, de l’intervention préventive outre-mer… » (N’écartez pas l’idée de créer des bases militaires à l’étranger, 28 janvier 2010, China.org).

En règle générale, l’armée zunienne est responsable de la police sur la plupart des routes maritimes mondiales, de sorte que la circulation des marchandises des entreprises ne soient pas entravées par des pirates ou des nations hostiles, mais la Chine ne se contente plus de cette situation, et elle veut ses propres protections, etc. Mais pourquoi ?

L’une des raisons, c’est que la Chine est à l’écoute de plus en plus d’attitudes hostiles de la part de l’élite corporatiste zunienne, qui a exprimé que l’essor économique chinois est en soi en conflit ou en concurrence avec la rentabilité de ses compagnies. De récentes provocations de M. Obama à l’encontre de la Chine — ventes d’armes à Taiwan, visite à Washington du Dalaï Lama, menaces contre l’Iran, monnaie, etc — sont autant de preuves que l’ascension économique chinoise ne rencontrera pas amitié et coopération.

L’article du New York Times mentionné ci-dessus admet, « …il n’y a guère d’indices montrant que la Chine est agressive envers la Zunie ou d’autres pays. » Néanmoins, l’intention de l’article entier est de faire peur et d’effrayer. Par exemple :

L’amiral [Willard] a déclaré, « Il est particulièrement préoccupant que des éléments de modernisation de la puissance militaire chinoise semblent destinés à remettre en question la liberté d’action [de notre marine de guerre] dans la région. »

« Le Japon est lui aussi inquiet… »

et

« Lee Kuan Yew, l’ancien leader de Singapour, a reflété l’anxiété générale en notant la poussée navale chinoise et en exhortant la Zunie de maintenir sa présence dans la région. »

Ces tactiques alarmistes sont destinées à fomenter dans l’opinion publique une attitude hostile envers la Chine, qui est considérée par le régime zunien comme une cible de guerre possible. Cette éventualité a été précisée plus loin dans l’article :

« …en réaction à la croissance chinoise, la Zunie a récemment transféré des sous-marins de l’Atlantique dans le Pacifique, ce qui fait que la plupart de ses sous-marins d’attaque nucléaires sont désormais dans le Pacifique… Renouvelant avec une pratique qui s’était achevée avec la guerre froide, la Zunie a aussi commencé à faire tourner trois à quatre sous-marins dans des déploiements au large de Guam… »

Et, plus inquiétant, « Les navires zuniens surveillent désormais fréquemment la base sous-marine chinoise dans l’île de Hainan, et cette activité conduit à des frictions occasionnelles avec les navires chinois. »

La poussée militaire et économique chinoise s’élève contre le territoire dominé par l’armée zunienne, qui est refoulée. Les « incidents » militaires sont de plus en plus probable dans cette situation, qui peut être utilisée comme un prétexte de guerre.

Derrière les manœuvres militaires en vue de l’ascendant, il y a des intérêts économiques. Contrôlant l’économie zunienne, il y a de puissantes compagnies, qui comptent sur l’armée zunienne pour leur assurer de super profits outre-mer, et la domination sur des régions entières — Moyen-Orient, Amérique latine, Pacifique —, qui sont considérées comme leurs « domaines économiques exclusifs. » Le fait que la Chine se déclare dorénavant maître de sa propre sphère est intolérable pour ces compagnies, qui ne reculeront devant rien — même la guerre — pour maintenir leur domination sur le monde entier.

Global Research, Shamus Cooke, 30 avril 2010

Original : globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=18921
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

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